Zoom sur la réforme des études infirmières

 

 

Suite à un bon nombre d’interrogations, et questionnements, petit point sur la réforme infirmière. Historie d’expliquer aux anciens ce qu’on a de plus/de moins, et d’expliquer aux nouveaux que parfois, le changement, ça a du bon.

J’ai insisté sur quelques points qui me paraissent importants à souligner. Pour toute nouvelle interrogation, je vous laisse poser vos questions sur le forum.

 

ACCES A LA FORMATION

 

Hier

Pour entrer en IFSI, il fallait passer un concours en deux temps :

-          Une partie écrite, sur table, en IFSI, comprenant une épreuve de tests psychotechniques et une épreuve de culture générale, toutes deux notées sur 20 points. Les personnes obtenant une moyenne générale de 10/20 (sans note inférieure à 7/20) étaient autorisées à passer la deuxième épreuve.

-          Une partie orale, toujours à l’IFSI. Là, on se retrouvait seuls face à trois professionnels de santé ( Un cadre infirmier formateur, un cadre infirmier soignant, et une personne étrangère à l’établissement, comme un psychologue) à parler d’un thème général du domaine sanitaire ou social. Pour être admis, on devait avoir une note d’au moins 10/20 à l’oral.

-          Un classement était donc établi selon les résultats de chacun, comme pour tout concours.

 

Aujourd’hui

-          Il y a une épreuve de présélection comprenant une épreuve sur dossier et une épreuve  écrite de français. Les deux épreuves sont notées sur 20 et une note d’au moins 20/40 est nécessaire pour se présenter au concours.

-          Le concours comme nous l’avons connu au temps jadis est maintenu, avec les mêmes règles de notation.

 

DUREE DE LA FORMATION

 

Hier

La formation durait 3 ans et 2 mois, de septembre à novembre, avec une alternance entre périodes de cours et périodes de stage.

Les stages ont une durée fixe de 4 semaines et sont au nombre de 5 par an.

 

Aujourd’hui

La formation est ramenée à 3 années scolaires, de septembre à juillet. Chaque année est divisée en 2 semestres. Le principe d’alternance est maintenu, selon des périodes différentes de cours et de stage.

Les stages n'ont pas de durée fixe, et durent selon le niveau de formation entre 5 et 15 semaines. Il y a en moyenne 3 par année de formation.

 

La répartition est telle que :

Année de formation

Cours

Stages

1

25 semaines

15 semaines

2

20 semaines

20 semaines

3

15 semaines

25 semaines

 

 

CONTENU DE LA FORMATION

 

Hier

La formation était divisée en modules. Ils étaient dits :

-          Transversaux : sciences humaines, anatomie physiologie pharmacologie, législation éthique déontologie responsabilité organisation du travail (LEDRO), santé publique, hygiène. Ces enseignements courent sur les 3 années de formation et sont évaluées en même temps que les modules de pathologies.

-          Pathologiques : Traumatologie, Pneumologie, Cardiologie  etc... 

 

Pour chaque module nous avions des apports sur les pathologies en elles-mêmes et les soins infirmiers en lien avec cette pathologie.

 

Aujourd’hui

Les contenus sont regroupés en champs d’enseignements qui sont sub-divisés en unités d’enseignement. Ils restent toutefois identiques aux contenus de l’ancien programme.

 

EVALUATION

 

Hier 

Théorie : Chaque module faisait l’objet d’une évaluation écrite, notée sur 20 points, avec une moyenne de 5 évaluations par an. Une moyenne générale de 10/20 (sans note inférieure à 7/20 et sans plus de 2 notes en dessous de 10/20) était exigée pour passer en année supérieure. Il était possible de rattraper les évaluations auxquelles nous avions échoué.

 

Pratique : Nous avions 2 mises en situation professionnelles (MSP) par année de formation ( + une MSP sanctionnant le diplôme d’état). L’un de nos formateurs venait évaluer l’un de nos soins pendant notre période de stage. Une moyenne de 10/20 était exigée pour passer en année supérieure. Un seul rattrapage était autorisé, et aucune note ne devait être inférieure à 7/20.

 

Stages : Nous avions des « feuilles de stage » à faire remplir par l’équipe qui nous encadrait sur nos lieux de stage, sanctionnées par une note. Une moyenne de 10/20 était exigée pour passer en année supérieure.

 

Aujourd’hui

La formation se comptabilise en ECTS (ou crédits), calquée sur le système fac. Chaque année de formation vaut 60 ECTS. Les évaluations se font en une période d’à peu près une semaine par semestre.

 

Théorie : Chaque unité d’enseignement fait l’objet d’une évaluation écrite ou orale, individuelle ou collective, et apporte un nombre variable d’ECTS.

 

Pratique : Plus d’évaluations type MSP. Les formateurs viendront toute fois nous rendre visite sur nos lieux de stage pour évaluer nos capacités. En somme, nous aurons des MSP sans note finale.

 

Stage : Il existe un suivi en stage grâce à ce qu’on appelle le portfolio, classeur qui contient la liste des actes effectués et un espace pour l’appréciation de l’équipe qui nous encadre. Ce portfolio sanctionne l’attribution d’ECTS, sachant qu’un stage vaut 5 ECTS.

 

Pour passer en année supérieure, il faut (idéalement) avoir 60 ECTS/60. Toutefois, si l’on valide 48 ECTS/60 ou 1 semestre complet, il est possible de passer en année supérieure. Sachant que les ECTS non validés dans un semestre seront quand même à valider l’année d’après.

 

DIPLOME D’ETAT (ou DE)

 

Hier

Le diplôme d’état était sanctionné par 2 épreuves :

-          Le travail de fin d’études (TFE), mémoire écrit faisant l’analyse d’une situation vécue par l’étudiant en stage. Ce TFE est rendu sous forme de document écrit, et est présenté devant un jury lors d’une soutenance orale. Il est noté sur 20 points et une note d’au moins 10/20 est nécessaire pour obtenir le DE.

-          Une MSP de DE : Comme une MSP traditionnelle, mais avec un formateur d’un autre IFSI que l’on ne connaît pas (logique…). Et comme en MSP traditionnelle, une moyenne de 10/20 nécessaire pour le DE.

Le diplôme était reconnu Bac +2.

 

Aujourd’hui 

Les conditions d’obtention du grade licence sont encore floues et un décret d’application reste encore à paraître.

Toutefois nous savons qu’il est nécessaire d’obtenir l’ensemble des ECTS de la formation pour valider cette-dernière.

 

CONCRETEMENT… CE QUE CA CHANGE

 

 

Les contenus sont les mêmes. Les durées de stages et de cours sont les mêmes. Le nombre de vacances est le même  C’est juste l’organisation qui change.

 

Nous serons reconnus à grade licence (ce que nos prédécesseurs se sont battus pour avoir) et aurons, à terme, des facilités pour reprendre des études, se spécialiser… Voire même changer de métier, puisqu’il suffira de passer une licence équivalente et valider les unités d’enseignement manquantes.